Review : Binbougami Ga !

C’est après un silence (qui n’est absolument pas dû à la piètre performance orale lors du Yattanniversaire) que je refais surface avec un manga que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire et à regarder, dont je remercie les Éditions Tonkam pour nous avoir traduits le manga,  et que je vais vous présenter. Il s’agit de Binbougami Ga !

C’est un Shonen qui a été sérialisé entre les numéros de Juillet 2008 et Août 2013 du Jump Square. On doit le scénario et le dessin à Yoshiaki Sukeno, une jeune personne de 30 ans dont Binbougami Ga ! est vraisemblablement son premier succès en tant que mangaka. Il n’y a même pas un an, le studio d’animation Sunrise (à qui on doit notamment les Gundam ou Code Geass) a sorti une version animée du manga de bonne facture et que si, vous avez le temps à consacrer à cet anime, jetez-y un coup d’œil (à moins que je me trompe, l’anime n’est toujours pas licencié en France, contrairement au manga).

15 tomes sont actuellement disponibles à la vente au Japon, le dernier tome sera quant à lui commercialisé au début du mois de septembre. En France, les deux premiers sont sortis aux Editions Tonkam.

Parce que jamais deux sans trois, le personnage principal, ou plutôt le personnage principale… En fait, le duo principal est composé de deux personnages, mais qui à la différence de Medaka Box ou de Spice & Wolf,  sont tous deux des protagonistes féminins.

Imaginez une fille de 16 ans qui fait du 96-60-85 possédant une beauté sans égale, une grande intelligence, une santé infaillible, une chance de malade et une fortune de véritable princesse, cette fille : c’est Ichiko Sakura.

Toutes ces qualités, elle les doit à son incroyable niveau de Bonheur, l’énergie qui représente tout ce qu’il y a de positif dans ce monde. Seulement voilà, ce niveau est anormalement élevé pour un être humain, et à un tel point qu’elle absorbe inconsciemment le Bonheur des autres individus. Ceci mène alors à la perte de l’équilibre entre l’énergie du Bonheur et du Malheur.

Afin de le contrebalancer, quelque part dans le monde des divinités de la malchance, l’une d’entre elles est sommée de restaurer l’équilibre initial et de retrouver la source du problème : vous prenez les mensurations d’Ichiko, vous lui enlevez 18 à son B et vous obtenez alors une déesse répondant au nom de Momiji.

Vous vous en doutez (ou pas), la rencontre entre les deux filles ne va pas se faire en douceur et très vite, ça va partir en vrille. Et donc pour une bonne partie du début du manga, les premières « bagarres » vont être très focalisées sur notre duo.

De par son duo féminin, Binbougami Ga ! montre que le Shonen, ça peut se faire avec des filles en guise de personnages principaux. Mais contrairement aux duos classiques, celui-ci fait preuve d’originalité en faisant que le premier soit antagonique envers le second et vice versa.

A… Attends un peu !!
Temps mort !! Temps mort !!

Ce manga est du genre comique, et cela se voit dès les premières pages du premier tome, qui met tout de suite le ton sur les caractéristiques autant physiques que mentales des deux personnages, qui sont diamétralement opposées. Si Ichiko est super chanceuse, et a une Forte poitrine, Momiji est l’incarnation même de la poisse et a une poitrine Absolument plate. Et quand les deux se rencontrent, il y a forcément des vannes qui sortent sur le physique. Même le nom de certains chapitres est influencé par ce type d’humour, il n’y a qu’à lire celui du premier pour vérifier ce que j’avance.

Tu es vraiment la déesse de la poisse ? Je crois plutôt que tu es la déesse aux petits seins, non ?

Sur les noms de chapitres, si vous lisez attentivement, vous verrez qu’il s’agit d’une réplique dite par l’un des personnages lors du chapitre en question. Et pour le premier, il est super facile de deviner qui a dit la réplique et à qui elle était destinée.

Si on pousse le bouchon un peu plus loin, on remarque que les noms de personnages sont tirés des noms de fleurs (Sakura = Cerisier, Momiji = Erable par exemple) et qu’à l’exception de certains, leurs personnalités sont en concordance avec les propriétés attribuées dans le langage des fleurs.

Ayant commencé à lire le manga bien avant qu’il n’arrive en France, je peux noter que dès le premier tome, Binbougami Ga ! c’est un peu un récit de « petites histoires » tournant autour de notre duo qui sont représentées par les différents arcs dont une morale est toujours à en tirer à l’issue de chacun d’entre eux. Beaucoup ont des thèmes qui sont très liés à la nature parfois égoïste du bonheur dont on peut faire la connexion avec le caractère de Sakura Ichiko.

Mais ce qui est intéressant de voir, c’est qu’on a bien beau se dire qu’Ichiko devrait laisser son surplus de Bonheur parce qu’on verra très vite qu’elle est très imbue de sa personne, on ne s’empêcher d’avoir pitié d’elle (sauf si vous avez un cœur de pierre) lorsque le premier « drame » du manga arrive. Autant la touche de sérieux est relativement vite balayée avec humour parce que dans un Shonen comme Binbougami Ga! , les « petites histoires » se finissent avec un Happy Ending comique, autant ça laisse au lecteur de bien prendre le temps de comprendre que, durant les quelques pages où il n’y a plus des choses « drôles », la vie n’est pas toute rose, même en étant née sous une très bonne étoile comme Ichiko.

Le manga mélange habilement moralité et comédie et c’est ce qui démarque Binbougami Ga ! par rapport aux autres Shonens (Vous aurez au moins appris un truc de plus autre que Pouvoir de l’amitié > all ). Libre à vous de penser le contraire mais je trouve que personnellement, c’est ce qui permet de s’attacher beaucoup plus aux personnages.

Par contre, même si on a pas mal de parodies bien marrantes faisant référence à des mangas ou des jeux vidéos qui ont inspiré de près ou de loin l’auteur de Binbougami Ga !, je dois bien l’admettre, l’humour est bien trop axé sur le physique et tout ce que va avec. Néanmoins, si comme moi, cela ne vous gêne pas, c’est une bonne dose de rigolade à ne pas manquer, surtout si vous avez le (sou)rire facile.

Et donc, la morale de cet article c’est que vous n’avez désormais aucune raison de ne pas passer à côté de ce manga qui possède une traduction française qui respecte très bien l’esprit de l’oeuvre originale.

Encore une fois, un grand merci aux Éditions Tonkam !

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