Le Journal du Japon, quand passionné peut aussi rimer avec professionnel

Classé dans Interview 2 Commentaires

Ceux qui nous suivent sur Facebook (ou twitter) sont déjà au courant mais le Journal du Japon (https://www.journaldujapon.com/) nous a gratifié la semaine dernière de deux articles pour l’ouverture de sa section Podcast (ici et ici). Pour en savoir plus sur ce nouveau partenaire de poids je suis allé enquêter « sur le terrain » pour en savoir plus sur son illustre fondatrice : Céline Maxant.

Mais avant cela petit rappel des faits pour ceux qui ne connaisse pas encore ce lieu indispensable pour tout amateur de lecture de qualité sur la culture populaire japonaise. Créé en 2008 ce web-magazine couvre toute l’actualité francophone sur cette culture qui nous est si chère en essayant de traiter l’ensemble de ses segmentations (manga, animation, jmusic, mode, cosplay, dramas, cinéma, TV, littérature…). Outre ses nombreux reportages photos et vidéos auxquels nous pouvons être habitués sur d’autres sites le Journal du Japon se démarque en étant dirigé par une vraie journaliste de métier et cela se ressent dans chacun des articles de cette équipe de qualité. En constante évolution (création des sections « Japon : Une photo par jour » et « Podcasts » il y a peu) ce site mérite amplement d’être ajouté à vos lecteurs RSS favoris afin de découvrir sous un autre angle l’actualité du Pays du soleil levant.

Japon : Une photo par jourJournal du Japon logoJapon : Une photo par jour

Bonjour Céline, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore peux-tu brièvement te présenter avec tes responsabilités au sein du JDJ ?

Je suis la rédactrice en chef du magazine, je gère une petite équipe de rédacteurs toujours très motivés, en tout cas très attachés à ce site, et qui tourne façon “pigiste”. Ils proposent, ou je commande un article. Je leur donne des critères de rédaction très précis, je corrige, je mets en page, je publie. Je gère également, ou plutôt “non gère” compte tenu de mon temps (puisque je travaille à côté pour gagner ma vie, le site n’était, de loin, pas suffisant), le développement marketing, web et community management du site. À part une communauté Facebook bien développée, tout est quasiment inexistant, en tout cas difficile à combiner avec la gestion du contenu.
Aujourd’hui, j’espère faire de ce site, un magazine professionnel, avec un contenu objectif.

Avant d’en savoir plus sur le JDJ en lui même peux tu nous décrire ton parcours qui t’a façonné de cette manière ?

Il faut tout d’abord savoir que l’écriture est ma première passion et a toujours été mon principal passe-temps. Un passe-temps pour lequel on m’a par ailleurs reconnu des “talents” ou des “facilités”. Mais j’ai mis du temps avant de le réaliser et d’avoir le courage de me lancer dans un des métiers de l’écriture. Et puis j’ai eu le déclic alors que je terminais ma licence en apprentissage dans un service bancaire international. J’ai pris des cours avec le CNED pour passer les concours des écoles de communication et de journalisme. J’ai intégré un master de journalisme et production de contenu TV/web/radio/print (puis la rédaction du groupe Ouest France à Nantes, qui m’a permis d’apprendre sur le tas).

Tu étais donc prédestiné à travailler dans le monde des médias mais pourquoi avoir lancer un web magazine sur la culture japonaise ?

Je suis effectivement une passionnée de culture japonaise, mais pas du tout une “vétérante”, je connaissais bien sûr l’animation japonaise, mais je n’ai découvert tout cet univers que tard. 18-19 ans, j’étais déjà une adulte. Mais la curiosité m’a poussé à essayer de tout comprendre, tout tester etc. Je n’ai pas toutes les références des anciens mais j’ai aussi un regard peut-être plus extérieur. Dire que j’ai baigné dedans depuis que je suis petite serait totalement faux (contrairement à l’écriture et la soif de découverte des autres cultures).
Et ce qui m’a poussé à lancer un web magazine sur cette culture en particulier : envie d’écrire, secteur où il y avait justement de la place pour moi, envie d’apporter ma contribution, quitte à ce que ça me prenne mon temps, autant être utile !

Quelles ont été les différentes étapes de la création du JDJ ?

J’ai d’abord créé un blog, qui avait plusieurs objectifs :
- rattraper mes camarades de promos en me donnant l’occasion de m’exercer, remplir mon CV,
- apporter ce quelque chose au monde de la japanimation, notamment un angle journalistique, d’enquête qui n’est pas forcément courant dans ce domaine (constat de lectrice et de passionnée)
- me défouler, me faire plaisir, en apprendre plus

Ce blog est presque tout de suite devenu un site, quand j’ai eu la possibilité de réaliser mon premier reportage-vidéo et ma première interview (Tensai Okamura) aux Utopiales 2008 à Nantes. (2 mois de préparation, là où aujourd’hui, 10 minutes suffiraient ! J’avais vraiment envie de faire mes preuves.)
Une poignée de rédacteurs (très motivée) m’a rejoint sur ce projet.

Parmi les autres sites/ blogs traitant de la culture populaire japonaise le JDJ se démarque de par son style rédactionnel, comment gères-tu la ligne éditoriale du JDJ pour conserver cette particularité ?

Chaque article, du fait de l’angle “journalistique”, prend beaucoup de temps en amont, pas tellement au niveau de la rédaction. Il faut faire un tri dans les informations chaque jour pour ne choisir que celle qu’il sera intéressant de développer. Lui choisir un angle intelligent. Puis démarcher les interlocuteurs professionnels concernés, les artistes en permanence. Rassembler toutes les informations et écrire.
Je laisse très peu de place à la chronique. L’objectivité (c’est-à-dire une information systématiquement appuyée par des témoignages, des faits, des observations), étant le principe du journaliste.
Tout est abordé d’un point de vue de journaliste, avec les compétences que j’ai acquise au cours de mes expériences professionnelles en rédaction et celles apportées par certains de mes rédacteurs (recrutés pour l’essentiel dans les écoles de journalisme et communication). Bien sûr ce travail est loin d’être parfait et achevé mais j’espère que le progrès se fait sentir.
Je n’ai pas de difficulté à le conserver, c’est en fait une façon de travailler très naturelle (et en fait formatée puisque je l’ai apprise, mais j’espère qu’on y distingue mon style ?)

Quelle est ton expérience avec le Japon et la langue japonaise ?

Je n’ai jamais eu la chance d’aller au Japon, étant dramatiquement pauvre et plutôt en situation de “survie” qu’autre chose. J’apprend le japonais spécialisé “manga” et “musical” tant bien que mal, au moins pour gérer les interviews et la recherche d’info, mais c’est long, et je n’ai pas trouvé de solution gratuite et efficace pour m’aider. (Et je n’aime pas du tout la cuisine asiatique [ndlr Misaki : Et tu as bien tort :p])

De quelle manière donc réalises-tu les interviews et transcriptions en japonais ? As tu un traducteur attitré ?

On peut toujours compter sur un traducteur (qui accompagne les artistes, ou qui nous accompagne).

Parmi tes nombreux futurs projets top-secret quels sont ceux que tu peux nous révéler aujourd’hui ? :p

En fait, j’ai des projets oui.
Principalement de relancer la partie reportage-vidéo, sur laquelle je m’amusais beaucoup (qui plairaient à certains rédacteurs) et qui était très intéressante pour le lecteur.
Probablement de lancer un podcast spécial JDJ dans la section “podcasts” avec un sujet par podcast ou une revue de presse. Me remettre à la photo quand j’aurais récupéré du bon matériel.
Un partenariat très intéressant est en train de se mettre en place, vous le découvrirez en septembre.
Des projets musicaux sinon, avec la promotion d’artistes en passant par notre partenaire JFM.
Projets de recrutement pour améliorer le site.
Il y a pas mal de projet qui se font au feeling qui ne sont a priori pas calculés.

Parallèlement je suis l’heureuse rédactrice en chef de magazine papier gratuit Total Manga dont le premier numéro sortira le 18 septembre à Paris Manga.
Ce qui n m’empêchera pas de continuer JDJ… [ndlr Misaki y a intérêt !!]

Une petite anecdote pour conclure ?

Le 8 juillet 2008, j’ai appris que j’étais prise en master de journalisme. Ce même jour dans la soirée je rencontrais Isao Takahata au cinéma Katorza de Nantes et je publiais mon premier article le lendemain sur cette rencontre. C’est grâce à cet article que Morgan Magnin, le responsable du pôle asiatique du festival des Utopiales, qui l’avait trouvé à son goût, m’a ouvert les portes de ce monde magique !

Merci encore à Céline d’avoir pris de son temps pour répondre à mes questions.

Pour suivre le Journal du Japon :
Web : https://www.journaldujapon.com/
Facebook : https://www.facebook.com/JournalDuJapon
Twitter : https://twitter.com/journaldujapon

Posté par Misaki   @   25 août 2010 2 Commentaires
Tags : Celine Maxant , jdj , journaldujapon

2 Commentaires

Commentaires
sept 7, 2010
18 h 22 min
#1 tempete digitale :

tres bien comme interview

sept 18, 2010
15 h 39 min
#2 Allpo :

Je sais que je suis en retard, mais avec la sortie du magazine Total Manga à Paris Manga, je me suis dis que c’était pas une mauvaise idée de venir en parler.

Tout d’abord, je viens de terminer la lecture du magazine et je dois avouer que j’ai été soufflé, j’ai pour habitude de me renseigner sur beaucoup de mangas mais j’ai appris pas mal de choses en lisant le magazine qui est pour moi, une preuve de qualité, la majorité du temps les magazines qui traitent des mangas ou du Japon, quand ils ne sont pas en retard de 3mois ils ne parlent que de Naruto, Bleach et One piece …

On peut ajouter à ça que c’est ultra diversifié, ça parle d’anime, de manga, jeux vidéos, musique j’en passe et des meilleurs, autant dire tout ce qui m’intéresse, concrètement si il y avait une parution d’une dizaine de page chaque jour, je ferais en sorte de me le faire livrer.

Pour ce qui est des articles, y’a rien à redire, on peut ne pas être toujours d’accord mais on ne peut que respecter le travail de recherche et de compréhension qui a été fait, c’est pro j’aime beaucoup !

Parlons un peu du sujet du billet, l’interview : Comme je l’ai dit à Misaki tout à l’heure sur Twitter après l’avoir vu à Paris Manga (2eme raison qui m’a fait me bouger mes fesses d’Otaku) La première fois que j’ai entendu parlé de Céline, c’était dans Yatta 05, quelques vannes lancé ci et la mais c’était un peu obscur. Zou on file faire un tour sur internet Yatta->Journal Du Japon&Total Manga et la Boom on a un plus grand aperçu de qui c’est et je dois avouer que la seule chose qui me vient à l’esprit pour le moment c’est Wahou.

Même si l’écriture est une passion, Le Journal Du Japon sous entend un travail de titan et quand je vois le résultat de Total Manga ça ne fait que confirmer cela.

En conclusion je dirais juste que Yatta est au podcast ce que Total Manga est au magazine pour moi : Une référence.

Pourvu que ça dur !

Ecrire un Commentaire

Article précédant
«
Article suivant
»
Cloude designed by Webdesign In conjunction with Free MMORPG Games , CD Rates , Fat Burning Furnace Trial.